01/02/2005

Nom

« Il n’y a pas d’énoncé individuel, il n’y en a jamais. Tout énoncé est le produit d’un agencement machinique, c’est-à-dire d’agents collectifs d’énonciation (par « agents collectifs », ne pas entendre des peuples ou des sociétés, mais les multiplicités.)

 

Or le nom propre ne désigne pas un individu : c’est au contraire quand l’individu s’ouvre aux multiplicités qui le traversent de part en part, à l’issue du plus sévère exercice de dépersonnalisation, qu’il acquiert son véritable nom propre.

 

Le nom propre est l’appréhension instantanée d’une multiplicité. Le nom propre est le sujet d’un pur infinitif compris comme tel dans un champ d’intensité.

 

Ce que Proust dit du prénom : en prononçant Gilberte, j’avais l’impression de la tenir nue tout entière dans ma bouche. »

 

Gilles Deleuze et Félix Guattari, Capitalisme et schizophrénie 2,  Milles plateaux, Les éditions de Minuit.


13:14 Écrit par VN | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

question dans quelle chapitre du livre se trouve cette citation?

Écrit par : shira | 08/10/2005

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